« La Lutte pour des classes »

Sur un panneau de la Maison des Matrimoines et des Patrimoines, on peut lire que Bagneux est une ville d’actions dont les valeurs sont l’engagement, l’épanouissement, la solidarité.

Après une visite guidée de l’expo « Luttes – Solidarité – Paix » par Loïc Canitrot, médiateur du Clos des Sources, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés, a invité à l’écriture autour de « Des voix pour un lycée – Quand les idées s’affrontent, les paroles s’élèvent, les mots résonnent ! »

Pour mémoire, la lutte pour un lycée à Bagneux a démarré en 1956 (!). Aujourd’hui encore, cette ville de 46 000 habitants est toujours dépourvue de lycée d’enseignement général public – alors qu’un tiers de la population à moins de 25 ans, que ces jeunes sont les porteurs potentiels de projets de demain, que cette jeunesse représente un vivier de futurs entrepreneurs. Depuis la remise en cause du projet en mars dernier, Bagneux se mobilise. 

Annie a dégagé plusieurs pistes d’écriture : imaginer une (vive) discussion sur cette injustice territoriale, rédiger une pétition ou un récit à plusieurs voix.

À savoir le récit imaginé par Carmen.

La Lutte pour des classes

Monsieur le ministre de l’Éducation nationale

Les enfants de Bagneux ne sont pas des gueux.

C’est avec respect mais détermination que notre collectif s’en remet à vous.

Si vous trouvez ces propos violents, ce n’est rien au regard de ce que subit, depuis des décennies, la jeunesse balnéolaise.

Depuis 1956, la ville se mobilise, sans relâche, pour permettre un avenir à nos enfants, ces enfants qui seront les forces vives de demain.

Aujourd’hui, nous voulons demander pourquoi. 

Pourquoi depuis soixante-dix ans, cette requête légitime est systématiquement rejetée sous des prétextes plus fallacieux les uns que les autres ?

Pourquoi faut-il que Bagneux continue de subir cette injustice flagrante ?

Parce que nos enfants n’en valent pas la peine ?

Parce qu’il faut sanctionner une commune qui, sans cesse, s’est levée pour des luttes à engager ?

Monsieur le ministre, l’heure n’est plus aux tergiversations. Non, l’heure est à la mobilisation, à la rébellion si cela nous paraît nécessaire.

Nos futurs lycéens doivent pouvoir étudier, sans stress, sans perdre un temps précieux dans les transports, sans se soucier d’autre chose que de leurs études.

Toute heure, toute minute gaspillée, c’est autant de savoir non dispensé.

Savez-vous que Bagneux est l’unique ville de plus de 40 000 habitants à ne pas être dotée d’un lycée d’enseignement général ? La ville serait-elle le paria de l’éducation nationale ? La ville serait-elle l’éternelle oubliée de l’enseignement public ?

Nous n’avons plus le temps d’attendre. Les enfants n’ont plus le temps d’attendre. Désormais, il est urgent de savoir si oui ou non, ils sont citoyens à part entière ou bien des relégués de seconde zone.

Il est difficile de lutter contre les inégalités de chance, relancer l’ascenseur social si nous n’avons pas les armes pour cela. Et l’arme principale est un lycée, pas une vague annexe comme évoqué dans un temps.

Nous refusons de toutes nos forces de céder sous le poids des pressions. 

Nous nous battrons jusqu’à obtenir ce qu’il nous semble légitime d’exiger. Justice, droit et chance pour tous. La cause est juste, la cause est noble.

Nous souhaitons dépasser les clivages politiques car l’éducation n’est pas un privilège réservé à certains. C’est un droit de la République acquis à force de combat que nous ne sommes pas disposés à abandonner.

Notre collectif va œuvrer sans faiblir jusqu’à la victoire finale. Nos banderoles sont prêtes, nos stylos affutés, nos cœurs remplis de courage. 

Monsieur le ministre, nous allons nous battre sur le terrain de la loi, pour qu’enfin surgisse de terre le Palais de la Connaissance tant espéré.

Bagneux, théâtre de bien de combats, n’est pas prête à renoncer, nous pouvons vous l’affirmer la tête haute et les yeux dans les yeux.

Les enfants de Bagneux veulent être des enfants heureux.  

Le Collectif Lycée

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