« Papa, Bébert, Églantine et moi »

C’est le tableau d’un autre grand nom de la peinture contemporaine, Ben, qui a inspiré Maximilien. Nous vous invitons à la lecture de son récit  !

I — Où l’on enlève le doudou de l’enfant, provoquant un schisme familial

Un mariage de plus, le dernier de l’été. Papa se promène, fort de sa belle noblesse, et de ses deux mains dans le dos. Il adresse volontiers des sourires, on l’ignore souvent avec majesté. Il est toujours invité, et son fils avec, c’est-à-dire, moi. Mais il est l’encombrant de service, assurément. La petite foule échange banalités, petits canapés, champagne bon marché et quelques médisances. Comme à leurs habitudes, les enfants survolent tout cela. Ils s’agitent, mangent ce qu’on leur donne, et s’évertuent à créer le plus grand bruit. Mon père m’adresse un hochement de tête, c’est le signal. Il me montre l’objet qui le tarabuste. Le smartphone oublié sur une chaise d’un enfant ayant visiblement abandonné pour un instant son doudou dans l’air du temps. Je me précipite, glisse le téléphone dans ma poche. Je retrouve mon père dans un angle mort et lui donne l’objet. Il se met à siffloter, signe de bonheur chez lui, et sort d’un geste son plus fidèle outil : son tournevis de précision, qu’il nomme Bébert. Et pour ne rien vous cacher, Bébert n’est pas un tire-au-flanc. Le tournevis dépiaute le téléphone intelligent en un tour de main. Dix ou quinze secondes, même pas. Papa laisse tomber l’écran, la coque, la carte mère. Ce qui ne manque pas d’attirer l’attention. Grand malheur, c’est la mère, la tendre maman légitime propriétaire de l’enfant qui découvre le cadavre du doudou. Quelques cris, des insultes, de plates excuses de mon père et la phrase bien sentie d’une vieille tante qui passe par là « Toute manière, c’est pas un objet de son âge. Moi de mon temps… ». Elle ne termine pas sa sentence, couverte prestement par les insultes, vociférations, pleurs et autres supplications. Avec papa, nous quittons le mariage par la petite porte et filons à 24 km/h. La vitesse d’Églantine, notre trottinette électrique.

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