« Tel est pris qui croyait prendre »

Prêt.e à découvrir le mensonge imaginé par Carole ? Un récit dynamique à l’issue déconcertante ! Bonne lecture !

Tel est pris qui croyait prendre

 Benoît était heureux.

Il avait soutenu sa thèse de doctorat au bout de trois années de recherches et d’écriture. Pas peu fier, il nous avait invités à son pot de réussite.

Son exposé lors de la soutenance avait ravi les membres du jury et, à l’unanimité, ils lui avaient donné la mention très honorable avec les félicitations du jury.

« Nous, membres du jury, soulignons la qualité de votre travail, la pertinence de votre développement et l’originalité  de la démarche ».

Il nous avait reçus dans un restaurant chic du VIIIe arrondissement, à coup de champagne et d’amuse-bouche raffinés. Nous étions tous de la même promotion. Certains le félicitaient, mais la plupart l’enviait.

– Réussir en trois ans un travail de cette qualité ! Chapeau ! dit à haute voix Christophe.

Moi, qui pataugeais dans la rédaction de ma thèse depuis plus de quatre ans, j’étais à la fois admirative et interrogative : comment avait-il pu rédiger en si peu de temps ?

Un éditeur publia sa thèse sous le titre « La reproduction des toucans dans la forêt amazonienne au début du 19ème siècle » avec sa photo en quatrième de couverture et une brève bibliographie. Quelques années plus tard, je rentrais dans mon appartement de Fontainebleau, stupéfaite par ce que je venais d’apprendre. Je décidais de le raconter aussitôt à Mathieu.

– Tu te souviens de Benoît MANCEAU ?

Il me fit un non ferme de la tête. Alors, je lui expliquai que c’était un étudiant de notre promotion, qui avait soutenu sa thèse, quelques années avant nous.

– Tu t’en souviens ? Il nous avait invités dans un restaurant des beaux quartiers de Paris.

Mathieu n’hésita pas une seconde.

– Ouuui ! Je m’en souviens ! D’ailleurs, il y avait beaucoup de champagne ce soir-là !

Alors, je lui racontai que sa thèse avait été invalidée, car on avait découvert qu’il avait plagié les écrits d’un zoologiste américain. Mathieu me fixa incrédule, puis me questionna.

– Ah bon ? Mais comment est-ce possible ? Son directeur ne s’en est pas aperçu ? Et les membres du jury? Ils auraient pu le relever aussi !

La réflexion de Mathieu m’interpella. Il avait raison. Comment ces professeurs, experts dans leur spécialité, ne s’en étaient-ils pas aperçus ? J’en conclus que les directeurs de thèses n’étaient pas omniscients.

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