« Sur les pas du passé dans le parc Richelieu »

Pour ce nouvel atelier, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés a choisi d’inviter les écrivants à une balade en silence, dans un espace familier : le Parc Richelieu de Bagneux.

Le silence devient ressource, l’écriture devient sensible. L’exercice n’est pas de chercher, mais d’attendre, d’avancer sans intention, de regarder, écouter, sentir, toucher, de s’arrêter, de cueillir un détail, un rien inattendu. Le parc devient un prétexte pour apprendre à s’arrêter. L’attention devient la tension de l’écriture : « Presque rien, et pourtant »

A suivre le récit imaginé par Sylvie.

Sur les pas du passé dans le parc Richelieu

Je reviens sur les pas de mon passé. Le parc Richelieu était le lieu de promenade, de pause pique-nique car je travaillais juste en face à la PMI.

J’ai toujours aimé me promener dans ce parc riche en arbres et recoins pour se reposer. Aujourd’hui, donc, l’occasion m’invite à retrouver des souvenirs. Silence entrecoupé de cris d’oiseaux et de la rumeur de la ville. Des bancs sagement disséminés nous invitent à nous souvenir, à faire la conversation. Une jeune femme avec un voile bleu parle à son smartphone. Elle est dans un abri peint aux couleurs de son voile. On dirait un tableau de Renoir. Un buisson de houx ressemble à un arbre de Noël, incongru en plein mois de mai. Il lui manque les bougies que l’on allumait le soir de Noël. 

Un porche végétal attire ma curiosité, il ouvre majestueusement sur un petit square avec un parterre de pâquerettes, petites fleurs blanches vivaces à la portée des petits enfants. Sur le bord, des pivoines encore en bouton me rappellent le jardin de ma grand-mère. Une vieille statue s’étiole sous sa camisole. Une bande de gamins jaillit des taillis en criant et rigolant. Ils réveillent le jardin endormi et immobile.

Je vois une affiche sur laquelle je lis « Inside ». Je rentre à l’intérieur du jardin potager. Un jardin extraordinaire , comme chantait Charles Trénet. Roses anciennes aux parfums délicats, dahlias. Couleurs rouge, jaune, rose… Toute une harmonie de couleurs se déclinent doucement. 

Une boîte à livres offre ses titres. Quelle bonne idée, laisser un livre qu’on a aimé ou pas, pour qu’un autre le choisisse et l’aime à son tour. Echange de bons services. La bibliothèque n’est pas loin, au nom d’Aragon.

« Le temps de rêver est bien court », dit ce poète. J’ajouterai qu’il est riche et infini. Il nous éloigne de la réalité souvent bien triste et violente. Trouvons des moments pour rêver comme aujourd’hui. En plus, « pas une goutte de pluie » et des fragments de soleil en bonus !

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