Pour la saison d’écriture 2026 – 2027, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés, a planifié un cycle d’écriture au Clos des Sources, Maison des Matrimoines et des Patrimoines, un petit musée axé sur l’histoire locale de Bagneux, mais aussi sur les femmes et les hommes qui ont façonné la ville, révélé l’identité balnéolaise dans sa diversité et sa pluralité.
Fin août, le premier atelier était consacré à « Ma ville, un jour de fête ».
Après la visite guidée de l’expo temporaire proposée par Loïc Canitrot, le médiateur des lieux, Annie a invité le petit groupe d’écrivants à choisir une proposition d’écriture et à situer leur récit dans les années 60-70.
Marie-Pierre a donc imaginé un récit à partir de la proposition suivante :
Chez le coiffeur
Une jeune femme rêve de rencontrer/raconte avoir rencontré l’amour pendant la Fête des Vendanges.
La Fête
Je suis bien installée dans mon fauteuil à attendre mon tour pour ma permanente. Que de monde chez la coiffeuse ! Bla,bla, bla, Les clientes n’arrêtent pas de bavarder. Je ne vais pas passer tout de suite et bien calée, mon esprit s’évade et oublie tout.
Je me fais belle pour la fête des vendanges car j’ai besoin de me faire remarquer. Quel endroit magnifique, rempli de monde, pour rencontrer « la personne », celle que j’attends. Sera-t-elle grande et cachée dans un des chars qui défilent, sous un masque de carton, juché sur des échasses ? Non. Le mieux serait de marcher dans la foule et d’un seul coup me retourner pour le découvrir, grand, beau et souriant sous la pluie de confettis. Dois-je lui parler la première ou attendre ?
Non, je préférerais qu’il reste juste à côté de moi et me suive où je veux.
À un moment, il me sert la main et m’emmène boire le fameux vin qui, j’espère, nous enivrera. J’ai la tête qui tourne et son regard me grise de plus en plus. Nous remontons le défilé qui est si long que mes jambes ne me portent presque plus. À ce moment-là, j’ai vraiment envie qu’il me prenne dans ses bras.
Enfin, il s’arrête, me regarde et me dit son prénom : Jean-Pierre. Vraiment de notre époque. J’ai failli rire. Je ne lui donne pas le mien pour prolonger ce moment de découverte et de mystère. Je l’entraîne dans la foule pour profiter du spectacle et de la musique. Il se sert contre moi et me dit « Partons ».
Oh non ! Ça y est, c’est mon tour et je dois me laisser envahir par les bavardages et surtout par les potins.
===
Photos (C) Archives municipales de Bagneux
Laisser un commentaire