Sur un panneau de la Maison des Matrimoines et des Patrimoines, on peut lire que Bagneux est une ville d’actions dont les valeurs sont l’engagement, l’épanouissement, la solidarité.
Après une visite guidée de l’expo « Luttes – Solidarité – Paix » par Loïc Canitrot, médiateur du Clos des Sources, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés, a invité à l’écriture autour de « Des voix pour un lycée – Quand les idées s’affrontent, les paroles s’élèvent, les mots résonnent ! »
Pour mémoire, la lutte pour un lycée à Bagneux a démarré en 1956 (!). Aujourd’hui encore, cette ville de 46 000 habitants est toujours dépourvue de lycée d’enseignement général public – alors qu’un tiers de la population à moins de 25 ans, que ces jeunes sont les porteurs potentiels de projets de demain, que cette jeunesse représente un vivier de futurs entrepreneurs. Depuis la remise en cause du projet en mars dernier, Bagneux se mobilise.
Annie a dégagé plusieurs pistes d’écriture : imaginer une (vive) discussion sur cette injustice territoriale, rédiger une pétition ou un récit à plusieurs voix.
À suivre le récit imaginé par Sandra.
Le combat éducatif
« Nous attendons depuis 1956… C’est pourtant une bonne initiative pour notre évolution éducative dans notre quartier… Faire une scolarité sans lycée, quelle tragédie pour nos jeunes ! C’est tout de même un endroit pour former les esprits : l’apprentissage et la soif de connaissances sont nécessaires, c’est notre lien fraternel d’encourager la jeunesse. » Ce fut le dernier mot du parent d ‘élève devant l’assemblée.
« Je suis née à Bagneux et je n’ai pas eu la chance d’étudier dans le secondaire à proximité. A côté de ça, j’ai des enfants qui sont en âge d’aller au lycée mais il y a bien une pénurie du système éducatif » reprit un habitant du quartier des Tertres-Cuverons.
« Pensez-vous bien, que fait-on du tissu social éducatif pour nous en 2026 ? » grommela un autre habitant désabusé.
C’était bien la sphère éducative qui les tourmentait, ils attendaient l’espoir d’une ouverture prochaine, mais en réalité, cela ne rentrait plus dans le budget prévu de l’antenne Bagneux par la région Île-de-France.
Les habitants voyaient ce lycée comme une promesse électorale. A chaque rentrée scolaire, ils étaient dans l’expectative pour leurs enfants. Il y avait pourtant eu des consultations et des rencontres avec la mairie, mais aucune n’avait abouti à un accord.
Les habitants voyaient la possibilité d’un lycée comme une démarche citoyenne et surtout comme un vecteur de l’égalité des chances, « L’école de la chance pour tous ». Les uns disaient que « Le droit à l’école » dans une commune, était une mesure essentielle. » tandis que d’autres désapprouvaient cette initiative car « elle créerait des nuisances sonores et attroupement de jeunes bruyants ». Hélas, le combat semblait vain, mais certains parents se mobilisaient régulièrement auprès des élus pour obtenir gain de cause.
Un jour, alors que les parents et les habitants se réunissaient, ils décidèrent de se constituer en amicale, pour déclencher une assemblée générale extraordinaire. Très vite une pétition fut signée, c’est ainsi que les mécontentements commencèrent à gronder radicalement. Ils se rassemblèrent devant la mairie et ils organisèrent un blocus à l’entrée de la mairie pour crier aux injustices. Tandis que le maire tentait de déjouer la foule, il fut pris à partie par le collectif des parents d’élèves qui réclamaient fermement un budget immédiat pour la construction de ce fameux lycée polyvalent.
Ils finirent par obtenir un premier progrès visible aux yeux de tous : une consultation citoyenne lycéenne pour la mise en place d’actions collectives et concrètes pour le public de la jeunesse pour le suivi de leur scolarité.
La plupart des jeunes habitants de Bagneux se déplaçaient dans les lycées des villes voisines. La création d’un collectif de jeunes fut proposée par la mairie en lien avec l’association de parents d’élèves de la ville de Bagneux. C’était une aubaine.
L’inauguration du lycée créa de vives émotions et fut relatée dans le magazine de la ville. Les jeunes étaient arrivés à se sentir reconnus comme des enfants de la République, enfin ils étaient écoutés, ils étaient enfin chez eux…
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