Sur un panneau de la Maison des Matrimoines et des Patrimoines, on peut lire que Bagneux est une ville d’actions dont les valeurs sont l’engagement, l’épanouissement, la solidarité.
Après une visite guidée de l’expo « Luttes – Solidarité – Paix » par Loïc Canitrot, médiateur du Clos des Sources, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés, a invité à l’écriture autour de « Des voix pour un lycée – Quand les idées s’affrontent, les paroles s’élèvent, les mots résonnent ! »
Pour mémoire, la lutte pour un lycée à Bagneux a démarré en 1956 (!). Aujourd’hui encore, cette ville de 46 000 habitants est toujours dépourvue de lycée d’enseignement général public – alors qu’un tiers de la population à moins de 25 ans, que ces jeunes sont les porteurs potentiels de projets de demain, que cette jeunesse représente un vivier de futurs entrepreneurs. Depuis la remise en cause du projet en mars dernier, Bagneux se mobilise.
Annie a dégagé plusieurs pistes d’écriture : imaginer une (vive) discussion sur cette injustice territoriale, rédiger une pétition ou un récit à plusieurs voix.
À suivre le récit imaginé par Francine.
La lettre ouverte
« Bonjour à tous et merci d’être venus. Aujourd’hui, nous devons prendre une décision sur notre action à mener concernant que la Région Île-de-France tienne ses engagements pour l’ouverture d’un lycée d’enseignement général dans notre ville de Bagneux. Vous avez été informés de l’annulation du jury du concours d’architectes, juste trois jours avant et juste après les élections municipales. Leurs raisons invoquées sont que le terrain est pollué, alors que nous leur avons confirmé que celui-ci sera dépollué dans les temps. Nous devons réagir au plus vite. Nous avons déjà fait une pétition, mais qui ne semble pas suffisante pour nous défendre. Est-ce que vous pensez à de nouvelles actions ? Je vous écoute. »
« Bonjour, je m’appelle Hélène. Je suis étudiante en économie et je voudrais bien que l’ensemble de la population fasse une lettre ouverte au gouvernement. »
« D’accord, merci pour l’idée. Mais comment tu envisages la façon de faire, exactement ? »
« Eh bien, je vois une page écrite par les parents d’élèves, une par les enfants et futurs lycéens, une par les élus de la ville et une par les habitantes et les habitants de Bagneux. »
« Ok, mais il ne faut pas que cela soit trop long, sinon ils ne prendront pas le temps de la lire. »
« Et je crois aussi que ce serait bien que les enfants de primaire et de collège l’apportent au ministère de l’Éducation nationale, avec un reportage diffusé sur les réseaux. Et aussi un double de la lettre transmis au Président de la République. Il faut qu’on en parle un maximum. Plus on fera du bruit dans les médias, plus on sera entendu par les ministres. »
« L’idée est bonne. Est-ce que quelqu’un a autre chose à dire ou à ajouter ?»
« Je suis Albert, citoyen de Bagneux depuis plus de 40 ans. J’espère que cela suffira. C’est peut-être, enfin, une chance d’être entendu par tous ces gens du gouvernement qui sont sourds à nos demandes depuis déjà trop longtemps. C’est comme pour le métro, on a attendu bien trop longtemps et nous avons eu aussi beaucoup de promesses non tenues. Y en a marre, il faut frapper fort, et j’ai peur que notre petite lettre ne soit pas assez explosive. »
Un brouhaha de « oui, on ne nous considère pas », « on ne nous écoute pas », « on ne les intéresse que pour nos voix lors des élections et après ils nous oublient », « on a eu des promesses depuis 1989 », « il faut agir et fort »……
« Ne parlez pas tous en même temps. Si plus personne n’a de propositions ou quelque chose à dire, nous allons mettre aux voix, à main levée, la proposition d’Hélène et la lettre ouverte. Après, on verra ensemble comment la mettre en œuvre et le faire au plus vite. »
« Qui est pour ? » « Un, deux, trois…..26 pour. »
« Qui est contre ? » « Un, deux, trois……17 contre. »
« La lettre ouverte est adoptée. Maintenant, il faut voir pour l’organisation. Et en premier lieu, qui veut l’écrire ? »
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