« La récréation »

Top départ pour un récit tout en vivacité qui va sûrement réveiller des souvenirs personnels ! Il est signé par Francine. Bonne pause récréative !

« La récréation »

Les pieds ont du mal à rester tranquille sous les bureaux et font du bruit. Les langues ont aussi du mal à rester dans les bouches des élèves de cette classe de primaire. Il y a des odeurs d’encre, de papier, de craie et de chaleur comme dans toutes les classes. La maîtresse parle plus fort pour se faire entendre et finir son cours de mathématiques. Elle a beau utiliser des intonations de voix différentes pour captiver leur attention, rien n’y fait. Toutes les têtes sont tournées vers les fenêtres ouvertes, le soleil brille et les appelle avec ses rayons qui entrent dans la pièce. Les divisions écrites à la craie blanche sur le tableau noir ne sont plus aussi fascinantes et leurs cerveaux vagabondent déjà dans la cour de récréation.

Le vieux concierge fait sonner la cloche installée dans le préau. Tous les regards se tournent, en même temps, vers la maîtresse debout devant le tableau. Les gamins attendent le signe qui leur permettra de se lever de leur chaise et se mettre debout à côté de leur bureau.

L’enseignante a son rituel qu’ils connaissent bien. La longue règle se pose sur le grand bureau installé sur l’estrade, la chaise rentre entièrement sous le pupitre avec le bruit des pieds qui traînent sur le bois, l’institutrice descend la marche et avance vers la porte vitrée à demi-hauteur. Ils marchent dans ce long couloir sans mot dire et avec le moins de bruit possible, vers cette ouverture au bout du corridor, qui leur promet plein de jeux et de rires.Trop lentement au goût des enfants qui montrent quelques signes d’impatience. Enfin, elle ouvre la porte et après son petit hochement de tête, les écoliers avancent et passent le seuil pour former deux rangs de deux. Ils sont en arrêt devant la dernière barrière qui les empêche de courir, de sauter, de crier, de rire, de chahuter les copains, de taper dans le ballon rond, de jouer à la marelle ou à l’élastique…

La directrice sort de son bureau et avance le long des rangs des différentes classes qui attendent. Des chuchotements et des petits rires se font entendre et montrent l’impatience des enfants. Devant la porte, elle attend le silence complet. Elle pose sa main sur la poignée et ouvre la porte à deux battants sur un espace ensoleillé. Elle s’écarte et se met sur le côté, c’est le signal.

Les enfants sortent en rang.

Dehors, les bouches peuvent enfin s’ouvrir et émettre des sons, les jambes peuvent se dégourdir et courir, les esprits peuvent oublier les calculs difficiles et se détendre.

Pour les écoliers, c’est la liberté.

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