« L’ivresse de l’oubli »

Prêt.e pour un événement de folie ! Alors, suivez Adélaïde qui vous propose ce nouveau récit ! Bonne lecture !

« L’ivresse de l’oubli »

Hugo Bali regarde tout autour de lui, la foule l’entoure, le protège. L’anonymat l’envahit, le plonge dans un calme bienvenu. Ici au T7, il n’a rien à prouver, il ne se sent pas minable, à devoir essayer encore et encore. Ici, il est un être de 30 ans parmi d’autres qui s’amuse, qui profite, qui vit sans responsabilité. Il peut tout oublier.

Le rythme des basses assourdissent ses oreilles. Il sent chaque vibration profondément dans son cœur. C’est presque malgré lui que sa tête commence à dodeliner en rythme, que ses pieds battent la mesure. Les airs répétitifs de la musique, les basses surreprésentées, la voix, légère, à peine audible, tout ça le porte plus haut plus loin. Pour quelques heures dans cette boîte, le tempo prend toute la place dans son esprit. Il est accompagné des lumières qui s’agitent dans tous les sens dans un ballet grandiose et stroboscopique. Et autour de lui il sent la présence de ses amis, Mateo, Peter, Gilles, épaules contre épaules, ils partagent leur chaleur et leur sueur. Ils ne sont plus qu’un, leur visage à peine discernable dans la pénombre. Des bouts de nez, d’œil, de lèvres sont éclairés par des rouges, bleus et verts saillants et brefs. Leurs visages sont déstructurés, pour mieux se confondre les uns avec les autres. Pour mieux partager leur bonheur d’exister en groupe.

Les heures s’enchaînent, les pieds se fatiguent, mais à peine, c’est si facile à ignorer. Quand ils n’en peuvent plus, la musique les porte, les emporte encore et à nouveau, dans un reflux sans fin. Pourtant elle approche cette fin. Mais il ne faut pas y penser, pas s’y pencher. Ça sera la surprise de la fin de la soirée. Un « déjà ? » qui s’achève tout aussi vite. Il faudra repartir, rentrer chez soi. Mais il y aura ces souvenirs, cette euphorie qui s’attardera quelques jours. Les vidéos qui rappelleront le moment passé. Les échanges avec les amis pour faire revivre la soirée. Et surtout la musique qui sera remise, réécoutée, pour ressentir à nouveau cet événement, un peu estompé, mais qui soulagera le quotidien et les soucis. Pour oublier qu’on ne se sent pas à la hauteur. Pour oublier qu’il faut continuer à faire des efforts alors qu’on en peut plus.

Et on recommencera la semaine suivante, vite, vite, le prochain événement, la prochaine soirée, pas le temps de se poser, il faut profiter !

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