« Triste victoire »

Cette nouvelle insomnie est signée Anne. Un récit fort, puissant avec une fin… On vous laisse la surprise ! Bonne lecture !

Triste victoire

Seule dans le noir, elle revivait en boucle les événements de la soirée, les cris résonnaient encore dans ce silence nocturne qui s’était installé depuis bientôt deux heures.

La soirée avait pourtant bien commencé mais tout s’était précipité, emballé. Une parole déplacée. Le mot de trop. Du verre brisé, elle n’avait pas accepté. Cela faisait trop longtemps. Voilà, elle avait osé. Son corps tremblait encore de cette secousse émotionnelle. Une tension extrême figeait ses membres. Pourtant, aussi étonnamment que cela puisse paraître, elle était soulagée. Elle ne supporterait plus ses humiliations. Il était parti. Elle n’avait pas cherché à le retenir. Comme une triste victoire, mais qui trahissait  l’implacable difficulté de se comprendre. Elle regarda son portable. Il était trois heures. Le sommeil ne venait pas. C’est comme si l’insomnie la lavait de cette fureur destructrice mais salvatrice. Une infime lueur vint se poser sur son visage et la sortir avec délicatesse de sa torpeur. S’était-elle endormie ? Non, elle ne le pensait pas. Elle était encore figée dans un état semi-cotonneux, tout lui revint en mémoire : leur échange houleux de la veille au téléphone. Ils avaient préféré ne pas se voir : elle venait de faire un cauchemar.  

Par réflexe, malgré la torpeur tenace, elle saisit son téléphone en quête d’un SMS apaisant. Rien, il n’y avait définitivement rien. Pas un mot de tentative de réconciliation, pas une phrase emprunte de douceur qui pourrait anesthésier la violence de l’échange de la veille. Un début de journée au goût amer, sur la même lignée que la nuit passée. Son cauchemar était-il un excès d’anxiété sur le devenir de leur relation ou annonciateur d’une nouvelle phase de sa vie. Le climat pesant de son cauchemar lui avait fait oublié que c’était dimanche. Devant son café serré, elle se questionnait sur les heures qui s’annonçaient. Elle voulait le revoir mais en même temps durant cette nuit étrange, elle s’était sentie soulagée de cette issue douloureuse. Que voulait-elle vraiment, elle ne le savait plus ! Il fallait qu’elle récupère. Peut-être aurait-elle les idées plus claires après une heure ou deux de sommeil. Elle regagna son lit, refuge de ces errances nocturnes. Son oreiller semblait l’appeler pour des songes plus cléments. La sonnerie retentit. Elle décrocha : c’était lui.

« – Ça y est, t’es calmée ? »

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