Cette année encore, À Mots croisés s’est rendu au Plus Petit Cirque du Monde pour assister à la représentation de « À tout rompre » de la Compagnie WAS. Pourquoi ? Parce que c’est l’ADN de notre association de créer des passerelles entre l’écriture et d’autres domaines artistiques comme le cirque, le théâtre, etc.
Le spectacle a servi de mise en bouche à l’écriture sur la question de la rupture. Annie d’A Mots croisés a invité Carmen, Danielle, Francine et Jean-François – tous aussi enthousiasmés par le spectacle – à imaginer une histoire de rupture, à partir de plusieurs propositions d’écriture.
À suivre le récit de Carmen ! Bonne lecture !
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Sur un fil
De battre, mon cœur s’est arrêté. Toujours, j’ai craint cette ultime seconde. Celle qui doit me faire quitter le monde des vivants pour rejoindre le royaume des morts.
Pourtant, la rupture s’est opérée en douceur, dans le calme, l’apaisement. Autour de moi, le corps médical s’affaire à me faire revenir. Je leur crie de ne rien tenter, que tout va bien, que c’est ainsi que les choses doivent se passer. Mais les médecins malmènent ce qui reste de moi, en m’enfonçant des aiguilles, me posant des électrodes, me choquant pour faire repartir ce cœur, qui lui s’obstine dans son silence. Alors que moi, je suis prêt à découvrir ce que l’univers me réserve.
Si j’ai aimé ma vie, je veux désormais en vivre une autre, et qui sait revoir tous ceux qui sont partis avant moi. Ils m’attendent sûrement avec impatience. Je me sens libre, léger, délivré des servitudes de la vie terrestre. Pour autant, je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine inquiétude. Je suis encore dans cette pièce où l’on s’agite toujours autour de mes restes mortels. Qu’ils me lâchent donc, je ne veux pas réintégrer mon corps. J’attends que l’on déclare l’heure de mon décès, pour que tout cesse enfin, que je puisse rejoindre l’autre rive. C’est fou comme ils en font toute une histoire. S’ils savaient comme c’est apaisant de mourir. Les gens partiraient, sans crainte, sans appréhension.
Mais, que se passe-t-il ? J’ai mal, si mal. Maintenant je sens que l’on m’attrape de force. J’ouvre les yeux. J’entends des voix qui se veulent rassurantes.
« Tout va bien Monsieur Martin, vous nous avez fait une sacrée frayeur. Un arrêt cardiaque en pleine intervention. Vous avez eu de la chance ! Vous revenez de loin ! »
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