« La Tête dans les étoiles »

Mercredi 22 juillet 2026 après-midi au parc du Puits Saint-Etienne, deuxième animation d’écriture sur « Les Étoiles » avec Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés !

Après l’animation enfants dédiée aux calligrammes, Annie a accueilli un groupe d’adultes dont certains primo écrivants. Des étoiles dans les yeux, tous se sont lancés dans l’écriture, sous le pavillon blanc d’À Mots croisés sur Copaca’Bagneux.

À suivre le récit de Muriel dont la proposition d’écriture était  « Ton personnage est depuis l’enfance comparé à une étoile. Il a le trac et vient de rater son casting pour le rôle. Raconte. »

La Tête dans les étoiles

Jamais, il n’aurait pu imaginer un si grand malheur, un échec aussi cuisant, une humiliation d’une telle vigueur. 

Jamais depuis son enfance, il n’avait tant balbutié, avalé ses mots, tordu ses lèvres, tortillé ses mains à en blanchir les doigts. Il achoppait sur des bouts de phrases, le chasseur d’étoiles. Il ânonnait dans sa tenue de scène ; il frissonnait sous la chaleur des projecteurs. Il était seul en scène ; il tremblait ; il craignait les railleries, les moqueries. Peur des sarcasmes, de la claque. Il rêvait de monter sur les planches, d’accrocher les regards, lui l’enfant devenu grand que chacun écoutait, récitant des poésies, déclamant des vers. Toujours en train de décrocher le premier prix de récitation, de subjuguer par ses lectures à haute voix des adultes médusés. Jamais, au grand jamais, il n’avait appréhendé cette solitude de se trouver sur une scène, observé, soupesé, scruté.

Petit, il brillait, scintillait, éclairait de ses intonations les repas dominicaux, les fêtes de famille, rompait l’ennui de ces déjeuners cérémonieux. Une étoile aussi parmi les écoliers bredouillant, marmonnant. La voix claire, le ton juste, le visage éloquent. Il rêvait de devenir conteur, acteur. Il suivit avec assiduité les cours, apprit davantage de textes, se moula dans les personnages. Il s’appliquait à donner la réplique. L’étoile s’étiolait, perdait sa luminosité autant que sa spontanéité. Il devenait académique et perdait son public enchanté.

Et puis, ce jour de concours, il s’époumona, gâcha le texte. Figé, fade, lamentable, il loupa l’exercice. Une étoile ne s’enferme pas dans les rets d’un filet et pour sortir de cette impasse, il se métamorphosa en funambule pour traverser sur un fil céleste les astres, déambuler entre les nuages et s’approcher des étoiles.

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