Deuxième temps d’écriture de l’atelier conçu et animé par Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés, autour d’une phrase anodine mais quelquefois porteuse de réels enjeux : « Vous avez fait votre choix ? ».
Pour Carmen, il s’agissait d’imaginer un récit à partir de « Deux villes où vivre » où votre personnage doit choisir une décision importante de sa vie.
Bonne lecture !
Ici ou ailleurs
– Chéri ?
– Oui ?
– Tu te souviens que j’ai postulé pour un poste de chef de projet ?
– C’est vrai, alors tu as eu une réponse ? C’est bon ?
– J’ai la réponse et je l’ai eu ! Le poste est à moi !
– Wouah, je savais que j’avais épousé la meilleure. Je t’aime. ma puce. Mais, je n’ai pas l’impression que tu sois si heureuse que ça. Tu t’es pris le bec avec ta collègue, Julie ? Ah, la jalouse !
– Non, t’inquiète pas, ce n’est pas ça.
– Quoi alors?
– C’est que je ne t’ai pas tout dit lorsque j’ai candidaté. Obtenir le job implique que l’on déménage car je dois former une nouvelle équipe en province.
– Effectivement, tu as soigneusement occulté cette partie de l’histoire. Et où se trouve cette nouvelle antenne? Marseille, Lille, Rennes ou Strasbourg. Après tout une grande ville ne me dérange pas plus que ça.
– Bah, justement, ce n’est pas vraiment une grande ville au sens strict du terme mais la très bonne nouvelle est que l’on va avoir le choix.
– Tu m’intrigues là. Comment ça « on va avoir le choix » ?
– Alors, oui, c’est très simple en vérité. Voilà, la boîte envisage deux implantations possibles et c’est moi qui vais trancher entre deux villes.
– Ah et c’est quoi le « choix » ?
– Je te promets que tu vas adorer et même avoir du mal à choisir quand je vais tout t’expliquer. La vie en province, c’est quand même autre chose que les turpitudes parisiennes. Nous allons prendre le temps de vivre à un autre rythme. Tout va nous paraître si calme, paisible, plus humain. Imagine-toi vivre en connaissant tous tes voisins. Pas comme ici où chacun vit à côté de l’autre sans rien savoir de lui.
– Écoute, bien joli ton discours mais abrège !
– Je vais te laisser choisir toi-même. Je te dois bien ça. Nous avons d’un côté Chénérailles, charmante bourgade de la Creuse profonde, sereine, tranquille, sécure, parfaite pour élever une famille, toi qui veut beaucoup d’enfants c’est l’idéal. Ou alors, accroche-toi bien, La Cavalerie. Mystérieux n’est-ce pas? Imagine le plateau du Larzac, joli le Larzac avec ses grands espaces, sa nature sauvage et encore préservée. Un trésor méconnu des Français.
– Tu es sérieuse là ? C’est pire que la diagonale du vide, ton affaire. Tu veux, en plus, me faire porter le poids d’un choix impossible à faire.
– Toujours à exagérer, souviens-toi des mots du poète Florian, « Pour vivre heureux, vivons cachés. »
– La bonne blague, hors de question !
– Comment ça?
– Je reste là.
– Impossible, nous devons impérativement partir.
– Si, c’est parfaitement possible,
– Choisi !
– Non. Ou plutôt si, je viens de faire mon choix. Pars et je reste là ou mieux encore. Notre mariage ou le divorce. Cette fois, ce sera à toi de choisir !
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