Jeu d’écriture «  Des métiers et des mots »

Nouvelle expérience pour les écrivants d’À Mots croisés avec jeux et impromptus ludiques, proposés par Véronique Devaux. « Des métiers et des mots » était un exercice d’écriture à partir du champ lexical lié à un métier d’hier. 

À suivre le récit imaginé par Francine qui s’est affranchie de la consigne pour mettre le focus sur un métier qui s’est répandu un peu partout dans le monde, autour des années 2000.

Le soigneur de poissons

Némo arrive à la Maison de soins des pieds sensibles d’Ide-Ville. Il traverse le long couloir qui le mène à la tonnelle où les bacs d’eau sont alignés avec leur fauteuil pour le confort des clients. Aujourd’hui, c’est le jour de fermeture de l’établissement, donc pas grand monde et il peut œuvrer tranquillement à ses soins sur les Garra rufa, qui commencent à avoir faim. Il marche au milieu de l’allée en frétillant du derrière. Il ne peut pas nier son métier, tout son être ressemble à ses amis aquatiques. Les effluves qu’il laisse lors de son passage, ses yeux verts globuleux, sa bouche en forme de cœur, sa coiffure rousse d’iroquoise partant de son front jusqu’à son cou, ses oreilles plates et collées, sa peau granuleuse et poisseuse, nous renvoie bien l’image d’un poisson.

Depuis sa plus tendre enfance, ces animaux aux nageoires l’ont toujours fasciné au point que le mimétisme est presque parfait, et il avait choisi ce métier pour être le plus souvent avec eux. Il passe de bassin en bassin avec son sachet de peaux mortes qu’il a récolté tous les matins et soirs, lors de sa toilette. A son passage, les petits museaux fleurent la surface de l’eau, quémandant leurs friandises. Ils le reconnaissent, des mois de soins et d’affection les ont rendus dociles. Après être repus, ils font des sauts de carpe en guise de remerciements. Lui, il les examine et d’un seul coup d’œil, il sait reconnaître une blessure ou un comportement maladif. Il peut alors leur prodiguer les soins adaptés afin qu’ils retrouvent, au plus vite, une bonne santé et puissent faire leur travail sur les pieds des patients.

A la fin de la journée, il peut repartir, satisfait du travail accompli. Dans son aquarium mobile, il n’a qu’un seul malade à ramener à sa clinique, qu’il va soigner et qu’il ramènera la semaine prochaine en pleine forme.

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