Nouvelle expérience pour les écrivants d’À Mots croisés avec jeux et impromptus ludiques, proposés par Véronique Devaux. À suivre le récit « Des métiers et des mots » imaginé par Jean-François qui s’est affranchi de la consigne et s’est inspiré des « Mots en salade » (voir post précédent).
Artisan illuminé
Bolso manœuvrait son rabot avec dextérité. Il excellait dans la création de couchettes-torx qu’il avait lui-même dessinées au moyen d’un crayon qui au fil du temps finissait par lui ressembler tant il s’était aminci. Il vivait seul dans ce que le public nommait une grotte où il avait semé du gazon-couchette pour ses moments de relaxation. Jadis, il y avait installé un salon cranté qu’il partageait avec son épouse, son garçon et ses deux filles. Ce salon lui permettait d’adapter son espace selon les visiteurs à qui il offrait un abri.
Bolso, artisan plutôt sombre et taciturne faisait corps avec son rabot et il utilisait l’outil au quotidien pour fabriquer les couchettes à plusieurs têtes qu’il avait inventées après la disparition de ses trois petits et de son épouse qui avaient tenté de décoller du train à oiseaux qu’il avait contribué à construire sur le plan d’un Géo Trouvetou qui avait depuis amélioré son invention.
Bolso disait que les couchettes-torx rapprochaient les membres d’une famille dans le même lit. Il avait l’œil brillant et la lèvre tordue quand il rabotait des planches utiles à la fabrication des couchettes car il cultivait l’espoir que ses proches disparus réapparaissent dans ses couchettes familiales.
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