Nouvelle expérience pour les écrivants d’À Mots croisés avec jeux et impromptus ludiques, proposés par Véronique Devaux. À suivre le récit « Des métiers et des mots », imaginé par Nathalie qui s’est affranchie de la consigne et s’est inspirée des « Mots en salade » (voir post précédent).
Le grenadier de la garde
Je suis grenadier. On me décrit de manière différente. Pour les uns j’ai un manche à balai dans le dos alors que pour les autres je suis hautain. Que dire de mon ombre : elle ressemble à un abat-jour au sommet de mon crâne. Mes oreilles sont en chou-fleur et ma capeline descend jusqu’à ma taille. Ma carrure de biais est celle d’un archer. Je mesure plusieurs pieds de haut.
Vite, les Austro-Hongrois chargent avec leur cavalerie. Je dégoupille les cartouches de poudre plus vite que mon ombre, les unes après les autres afin d’éviter que la faucheuse ne me mette la brouette à trois dents. Vous savez lorsque le chirurgien-dentiste vous extrait des dents car, sans dent, pas de poudre ! Pas de poudre, cela donne une tondeuse à pieds, c’est-à-dire que vous avez les quatre fers en l’air, direction le cimetière ! Le cimetière, cela ne me dit rien car, avec ma haute taille, je suis sûr qu’aucun cercueil ne sera assez grand ! Alors aller manger les pissenlits par les racines, cela ne me dit rien qui vaille ! Je préfère entendre la machine à oiseaux, celle qui est posée chez ma Victorine, ma bien-aimée.
Je vous laisse sinon le râteau à deux roues que j’ai dans le cerveau et qui me sert à ne pas dormir devant la ligne ennemi ne va plus fonctionner.
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