« Partir de la maison »

Envie d’évasion ? Impatient de déconfiner ?

Il est aujourd’hui plus qu’intéressant de lire les exercices de style de Kawtar autour du sujet « Partir de la maison » ! Hasard ? Prémonition ? Illusion ? Rêve ? En tout état de cause, et pour la petite histoire, Kawtar a choisi de traiter cette idée, lors de l’atelier de février dernier, donc … bien avant le confinement ! 

 ✍🏻✍🏻✍🏻

Animal 

Comme m’éloignant à tire-d’ailes, je prends mon envol.

Au revoir, carrelage moucheté de noir bleuté et de blanc immaculé de l’hirondelle qui quitte son nid.

J’emprunte le chemin qui serpente à travers les hautes rangées d’oreilles d’ours grises et blanches duveteuses.

Je me retourne pour voir le crocodile endormi et craquelé qu’y fut autrefois ma demeure.

Je hume une dernière fois l’odeur des peaux de moutons séchées et l’offrande du nectar sucrée des ouvrières.

La pie et le merle s’amusent en bavardant en accompagnant les dernières lueurs du jour.

Je sens le bourdonnement du passé faire sa dernière roue en moi.

 

Famille

Comme partant le plus vite possible, je coupe le cordon ombilical.

Au revoir, carrelage blanc à pois noirs, s’échappant comme une famille qui s’éparpille.

J’emprunte le chemin qui m’éloigne de ma lignée à travers les champs d’embûches et de piliers.

Je me retourne pour voir l’enfance qui fût autrefois mon foyer.

Je hume une dernière fois l’odeur de mon père et le parfum sucré de ma mère.

Mon frère et ma sœur s’amusent en bavardant et accompagnant les dernières lueurs de l’adolescence.

Je sens le feu du logis brûler une dernière fois en moi.

 

La lettre

 Madame, Monsieur,

Je vous informe que j’ai pris la décision de partir, certes de façon précipitée mais nécessaire à mon avenir.

J’en profite pour vous dire que la maison me manquera surtout ce sublime carrelage bicolore que j’ai foulé de nombreuses années.

Faites savoir au chauffeur qu’il prendra le chemin le plus court à travers champs et qu’une halte nécessaire aux adieux y sera réalisée.

Sachez que j’emporterais, à jamais, avec moi les parfums de nos contrées.

Les voisins et les badauds s’amuseront certainement en bavardant de mon départ jusqu’à la nuit tombée.

Je dois conclure cette missive car je sens la nostalgie m’étreindre.

Tendrement,

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