« Un café »

C’est tout simplement lors d’une pause-café que Carmen s’est prêtée à l’exercice de la métaphore ! Bonne lecture !

« Un café »

Noire, mêlée d’argent, la cafetière filtre siège dans la cuisine. Son réservoir amovible est déjà rempli d’eau minérale. Le porte filtre lui aussi déjà opérationnel, est garni d’une enveloppe de bambou non blanchie faisant office de berceau à une fine mouture d’un pur arabica provenant des hauts plateaux de l’Ethiopie.

Quelques secondes après le déclic du programmateur, la pièce s’emplit d’une odeur chaude et grillée. Un léger nuage de vapeur s’échappe de la machine qui en profite pour émettre des borborygmes.

La verseuse, en verre trempé, reçoit les gouttes du breuvage. Elles s’écrasent les unes contre les autres. Des milliers de gouttes qui passent du stade d’eau à celui de café par leur passage sur la poudre brune qui devient aussitôt une pâte compacte.

Je me lève à grand peine. Je suis encore plus fatigué que la veille au soir. Sortir du lit, pénible. Je regarde la goutte d’eau qui part se marier à la poudre de café. Et voilà que la goutte d’eau limpide se métamorphose en un liquide brun foncé et chaud. Et des centaines, peut être des milliers, entreprennent de suivre le même chemin, pour ne former qu’un seul élément. Un café bouillant que je vais boire avant de partir travailler peut-être dans un grand champ de caféier.

Je suis fasciné par ce phénomène. Devant la machine en action, je regarde chaque goutte d’eau du réservoir, s’élever une à une, s’écraser en ordre dans le porte filtre et ressortir brune et aller ainsi s’agglutiner aux précédentes pour ne former qu’un ensemble parfait. Et si, chacune de ces gouttes représentait un grain récolté par un homme ? Et si c’était la bonne équation pour résoudre ce problème. Une goutte, un grain est égal à un homme. Entre mes mains, je tiens sa vie. Une vie de forçat si je n’y prête pas attention à mes actions. D’aussi loin que je sois de lui, je suis responsable de son existence par mes choix. Le café artisan d’un bonheur comme celui d’un malheur.

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