« Jeu d’échecs »

Nous poursuivons la mise en ligne des récits imaginés par nos écrivants avec celui de Nathalie. Profondément touchée par la visite, elle a eu envie d’écrire une lettre à l’écrivain aux mille facettes, aux mille talents.

« Jeu d’échecs »

Cher Boris, le vouvoiement serait de rigueur pour vous écrire mais je me permets, si cela ne vous offusque pas, d’employer le tutoiement. Cela suite à la visite de votre appartement où Nicole a su totalement me transporter dans une partie de votre monde et de votre intimité. Et en toute honnêteté, je ne connaissais qu’une infime partie de vos talents.

Nicole a su partager ton monde, ton univers, tes différents talents. Des émotions d’une manière tellement intense qu’un instant, je m’attendais à te surprendre à l’entrée d’une des différentes pièces de ton appartement.

De ton vivant, tu n’as pas eu toute la reconnaissance méritée, et celle-ci est venue plus tardivement. Ta « désertion » de cette terre a réussi à faire grandir tes talents auprès d’un large public.

Dans ce 21ème siècle, si tu étais encore parmi nous pour dénoncer certains faits de société, des « têtes bien pensantes » n’hésiteraient pas à clouer au pilori tes écrits, pouvant déranger leur tranquillité. Maintenant, pour toi la censure n’existe plus.

Nicole a collé ton jeu d’échecs fabriqué par tes soins au plafond pour le préserver.

Je ne crois pas à l’au-delà. Mais dans mon imaginaire, c’est pour que tu puisses jouir de parties endiablées : la Reine monte dans la Tour de façon frivole avec le beau Cavalier, sans que le Roi ne s’en rende compte. Il est trop occupé par les tours de troubadours effectués par les Fous.

Ce jeu d’échecs, tu le partages avec une bonne soupe de pissenlits préparée avec tes amis et le nectar de l’alambic construit de tes mains. Le tout en chantant, en jouant du jazz, en effectuant des concours de calembours et contrepèteries.

Tu n’as pas la langue dans ta bouche et discrètement tes mots ne restent pas dans tes poches.

Tu aimes partager tout cela, même avec le clodo issu de Ménilmontant, qui se demande encore comment il a atterri dans la fosse commune de Ville d’Avray. 

Tu échanges avec lui sur ses anecdotes de Titi parisien, la clope au bec qu’il partage avec toi. Tu n’as pas d’apriori sur les différences, du moment que l’échange est constructif et partagé.

Boris, j’espère que le jour où je déserterai ce monde sur la pointe des pieds, sans bruit, je pourrais échanger avec toi sur tes divers talents.

Un grand merci à Nicole, grâce à votre rencontre commune, transmet ta mémoire avec une telle intensité que cette visite me transporta dans un moment intemporel, mémorable et émouvant.

Nathalie Picrel

Un aparté : Merci Boris et aux membres de la ‘pataphysique’. Je me permets de reprendre certaines expressions des jeunes collégiens de 15 ans du 21ème siècle, pour décrire mon ressenti à la lecture de cette société de recherche : elle m’a fait kiffer, chiller, taper la barre, en tirant sur ma cibiche. Ces jeunes en mûrissant te découvriront également.

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