« Tempêtes »

Prêt pour une nouvelle prise de risque ? Alors, suivez l’aventurier de Carole ! Bonne lecture !

Tempêtes

Au fond, il pensait qu’il n’y arriverait pas. Il ne lui restait pas assez de ravitaillement, et sa gourde d’eau était pleine à moitié. Il continuait à marcher, ne sachant plus où il en était, mais il avançait, avec l’énergie du désespoir.

Il estimait qu’il avait quitté la ligne de départ avec ses huit compagnons d’infortune deux heures auparavant, de ce fait, qu’il fallait encore une bonne heure de marche pour gagner la ligne d’arrivée. 

Il marchait en direction du sud, se repérant à la lumière du soleil qui lui faisait face. Il défiait la tempête de sable comme il pouvait, enfonçant ses bottes dans le sable, l’une après l’autre, en inclinant son buste vers l’avant pour affronter le vent contraire. Son sac à dos maintenait son équilibre, et l’empêchait de tomber. Il sentait la poussière de sable fouetter son visage. Fort heureusement, ses lunettes lui couvraient les yeux de toutes parts, et le protégeaient de la furie de dame nature. Il sentait ses pieds exagérément lourds. Il se sentait avancer très lentement à cause des sables mouvants, mais malgré tout, il s’évertuait à se convaincre du contraire pour se donner du courage.

Ses lèvres étaient marquées, elles avaient quasiment doublées de volume. Aussi, il n’osait même plus les humidifier avec sa langue, de peur que l’acidité de sa salive ne le brûle. Il protégeait ses extrémités de ce vent sec et sauvage ; et ses mains avec des gants anti-transpirants. Sur sa tête, il portait une casquette Adidas qu’il ajustait au maximum pour éviter que le vent l’emporte.

Sa salopette rouge en tissu anti-transpirant le couvrait de la tête aux pieds.

Au bout du compte, il trouvait cette expédition rude, mais puisqu’il l’avait choisie, il devait aller jusqu’au bout, et atteindre l’arrivée. Après tout, ses acolytes n’étaient-ils pas aussi dans la même galère ?

Septembre 1981

Serge avait terminé sa séance de yoga. Allongé sur le dos, il était dans une posture de détente. Il aurait dû être dans un lâcher prise total, mais au lieu de cela, son esprit s’agitait. Il se remémorait son aventure dans le désert d’il y a un an. Il restait amer de l’issue de ce trek dans le désert.

Ce n’était, pour ainsi dire, pas une réussite pour lui. Sa gourde s’était renversée, et faute d’hydratation, il avait manqué de lucidité et heurté un obstacle. Il s’était évanoui. Il avait eu la vie sauve grâce à la patrouille qui ne l’ayant pas vu sur l’arrivée était  immédiatement partie à sa recherche. Les patrouilleurs lui avaient expliqué qu’il avait eu beaucoup de chance, car s’il était resté plus longtemps, il se serait transformé en momie de sable.

Serge avait du mal à y croire. Cette traversée qu’il avait faite pour oublier, aurait pu lui coûter la vie. Il s’interrogeait.

Fallait-il qu’il se mette en danger pour cela ? Il aurait dû se défouler autrement.

Aussi fort qu’il ait pu aimer cette fille, cela ne valait pas le coup de frôler la mort.

Il aurait été plus sage de vider une bouteille de Johnnie Walker, ou de faire une un saut en parachute pour l’oublier. Serge voulait penser à autre chose, mais ses pensées s’obstinaient.

Il pensait au mariage qui aurait dû avoir lieu, à la vie toute tracée qui l’attendait.

Quel gâchis ! Quel gâchis ! J’ai voulu marcher dans le désert pour l’effacer de mes pensées ; comme une catharsis qui ne dit pas son nom, pensait-il.

Et ce fut un véritable échec.

Je me suis pris le pied dans le sable, je suis tombé et je me suis évanoui. Quelle histoire ! J’étais à peine à un kilomètre de l’arrivée. Heureusement que la patrouille est venue me chercher; autrement, je serai dans l’au-delà à l’heure qu’il est. Pourtant, je m’étais bien préparé, je savais qu’il fallait être extrêmement vigilant. Hélas ! L’accident ne s’annonce pas, il arrive.

Encore une expérience pas réussie, comme celle que j’ai vécue avec Justine.

J’ai cru en l’amour véritable, et j’ai récolté de la trahison. Près d’un an après, j’en souffre encore. Mon cœur est un désert, même si je ne me l’avoue pas. De mauvaises pensées se bousculent encore dans mon esprit. Je n’arrive pas à oublier qu’elle était dans le lit avec un autre homme. Je l’aimais trop ! Elle, elle ne m’a pas jamais aimé! C’est dommage ! Maintenant, je me sens seul… Je déteste ce désert affectif dont je ne vois pas le bout. Ciel ! Faites que je retrouve de l’énergie !

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