« À Malik Oussekine »

Nathalie revient sur un souvenir marquant de son adolescence, une tragédie qui a emporté, avec violence, un étudiant de 22 ans. L’ hommage qu’elle lui rend est puissant !

À Malik Oussekine

Je me souviens de la fin novembre et de ce début décembre 1986. Je suis en classe de 3ème. Les étudiants, les lycéens sont en colère. Les manifestations prennent de l’ampleur un peu plus chaque jour. On voit toute cette jeunesse battre le pavé, un peu plus chaque jour. Des professeurs de mon collège se rallient à la cause des manifestants.

Je comprends que cela concerne les futures conditions des étudiants. Je viens juste d’avoir 14 ans et demi. Être étudiante me paraît à des années lumière, dans quel domaine je vais m’orienter. Le baccalauréat me semble loin et l’université à des années lumières et si j’arrive à intégrer une faculté.

Chaque jour, je rejoins les cortèges des manifestants, en cachette de mes parents. Je me sens grisée et importante dans ces manifestations où l’ambiance reste festive. Je scande les revendications :  » Devaquet au piquet…. Ta réforme on n’en veut pas… Aucune, aucune, aucune hésitation. Non ! Non ! Non! À ce projet bidon… » 

La réalité est que je comprends peu les tenants et aboutissants de cette réforme. Je veux faire comme tous ces jeunes adultes, étudiants. À l’annonce de la mort de Malik Oussekine, une part de mon début d’adolescence s’est assombrie et je comprends que les manifestations portant sur des réformes ne sont pas anodines, ni une grande fête. Cela même si des cortèges sont dans une ambiance « bonne enfant » en apparence. Mais, la défense des droits passent aussi par des injustices et des bavures.

Quatre jours après l’acharnement des policiers ayant entraîné la mort de Malik Oussekine, le projet de loi a été abrogé et abandonné. Les jeunes d’aujourd’hui ont Parcoursup ? Est-ce mieux comme dispositif ? Certains lycéens étaient contre. La réforme est passée en catimini sans affrontements et échauffourées et sans la mort d’un jeune, fauché par hasard.

À Malik tué à 22 ans : tu te trouvais au mauvais moment, au mauvais endroit, subissant l’acharnement sanglant des forces de l’ordre.

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