« Rêve de médaille »

C’est d’un pas décidé que Pascale est venue de Châtillon, dès le début de l’après-midi, participer à notre animation d’écriture sur Copaca’ Bagneux. Une jeune retraitée dynamique, férue de danse, qui se renseigne sur notre association avant, sans longue hésitation, de faire sienne l’une de nos propositions d’écriture : se mettre dans la peau d’un spectateur d’une compétition sportive. Bonne lecture !

Rêve de médaille

Aujourd’hui, je suis invitée à une séance d’entraînement de hip-hop en vue des Jeux olympiques. Tous les danseurs sont très excités et fiers que leur discipline entre dans la compétition. 

Je les regarde s’échauffer. Ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est que chaque danseur a sa propre morphologie : des grands, des petits, des minces, des plus enrobés. Contrairement aux autres danses, il n’y a pas de critère de corps parfait. Les mouvements sont précis, acrobatiques parfois. Ils enchaînent ce que l’on appelle des « phases ».

Je suis envoûtée par la rythmique des musiques, la synchronisation des danseurs entre eux. On entame l’évaluation de ce qui vient de se passer. Techniquement, ils sont parfaits. Moi, je ne suis pas emballée car le sport ne me transporte pas. Il y manque un sens plus profond, plus spirituel, plus onirique. Je leur dis qu’ils devraient aller dans ce sens pour se démarquer car ils sont tous hyper-performants. Ce qui donnera un plus à cette équipe, ne pas oublier une théâtralité, de l’humour, de la tendresse. Émouvoir et surprendre ! Créer une histoire à la Chaplin avec les figures imposées. 

Je ris, je suis émue. Pour moi, c’est gagné !

Et, voilà, le jour J est arrivé. La compétition bat son plein. Au bout du énième groupe, je m’ennuie. Tout se ressemble. Ils sont époustouflants mais sans âme. 

Mon groupe arrive. La foule rit, vibre. Un partage se crée entre les danseurs et les spectateurs. Enfin, un sens artistique ! Et ça paie ! Les gens se lèvent, scandent leur nom, emportés dans la quatrième dimension. Les notes tombent. Ils sont médaille… médaille… d’or ! Je suis heureuse. Le sens artistique a élu domicile dans ce milieu sportif si terre à terre, si prévisible, sans imaginaire.

Mais, tout ceci est un rêve. Je suis devant mon poste de télévision, assiste à ces performances magnifiques mais je vais rejoindre le monde du théâtre, du spectacle où l’on peut rêver, mettre son art au service des idées.

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En savoir plus

Lors des Jeux de Paris 2024, la compétition de breaking sera composée de deux épreuves, une masculine et une féminine, qui verront respectivement 16 B-Boys et 16 B-Girls s’affronter dans des battles spectaculaires (1-vs-1). Les athlètes enchaîneront les « powermoves » comme les coupoles, les six-step ou encore les freezes en s’adaptant et en improvisant sur le son du DJ pour s’adjuger les votes des juges, et remporter le premier titre olympique de breaking.

Le breaking est un style de danse qui s’est développé aux Etats-Unis pendant les années 1970. Né dans l’effervescence des fêtes de quartier du Bronx, issu de la culture hip hop, il se démarque par sa dimension acrobatique, ses figures au sol ainsi que par le rôle clé joué à la fois par le DJ et le MC (maître de cérémonie) lors des battles. Dès les années 1990, des battles internationaux sont organisés sur l’ensemble du globe et participent à la popularisation de la discipline, à la fois au sein des communautés hip hop de chaque pays et auprès du grand public.

http://www.paris2024.org

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