Jeu d’écriture « Le récit perturbé »

Nouvelle expérience d’écriture pour les écrivants d’À Mots croisés avec jeux et impromptus ludiques, proposés par Véronique Devaux. 

« Le récit perturbé  » était un exercice d’écriture chronométré. Imaginer un texte commençant par «Dans un village dont je tairais le nom… » avec des mots improbables, imposés chaque minute (maison, déodorant, géant, goûter, vallée, étonnée, voix, pluie, trompé, girafe).

Parce qu’il est tout à fait possible de s’affranchir de la proposition d’écriture, Dominique a complètement retravaillé son premier jet, imaginé à la hâte en atelier, pour donner profondeur et cohérence à son récit.

Bacchanales

Dans un village dont je tairai le nom,

Sans tambour ni lampion,

Survenaient à des dates incertaines

Des fêtes étranges et soudaines.

D’une maison sur les hauteurs

S’extirpaient avec lenteur

Et dans d’horribles murmures

De visqueuses créatures.

Les oreilles façon chou-fleur,

S’extasiant de leur laideur,

D’une odeur pestilentielle

(Déodorant senteur poubelle)

Elles plongeaient leur nez géant

Dans de fétides relents

Et goûtaient avec délice

D’infects plats flattant leurs vices.

Au cimetière de la vallée,

Leur sabbat échevelé

Avec sorcières et macchabées

Etonnait toute la contrée

Elles dansaient sur les sépultures,

Hurlaient de leurs voix impures

Un maléfique requiem,

La pluie en guise d’anathème.

Mais que l’on ne s’y trompe pas,

Mieux vaut faire cela

Que peigner la girafe, n’est-ce pas ?

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