Nouvelle expérience pour les écrivants d’À Mots croisés avec jeux et impromptus ludiques, proposés par Véronique Devaux. « Eclats fantaisistes » était un exercice d’écriture à partir d’une expression « La puce à l’oreille » pour Lixia.
La Puce
Il était une fois, dans un village dont je tairai le nom, il y a fort fort longtemps, serfs et paysann·es étaient sous le joug d’un seigneur qui les saignaient. Dépossédé·es de leurs biens et victuailles, violenté·es par de zélés vassaux, ces âmes étaient en proie aux plus grands tourments et maladies. Epidémies, infections et parasites se délectaient de ces personnes affaiblies. Une année, ce fut au tour des poux et puces. Mais cette prolifération eut une issue surprenante.
Une jeune femme, Jeanne, avait été été infectée à l’oreille gauche par une puce. Selon elle, cette unique puce lui parlait. Une puce qui parle ! Beaucoup pensaient que la folie s’était emparée d’elle. Elle fut la cible de railleries, et on se mit à la surnommer « la Pucelle », car avec son histoire de puce, elle ne risquait pas de trouver un compagnon… Les mois s’écoulèrent, la puce était toujours présente, et devenait de plus en bavarde… Jeanne, qui au début ne prêtait guerre attention aux palabres de la puce, se mit à déceler d’étranges coïncidences : les événements décrits par sa puce surgissaient quelques jours plus tard. Sa puce prédisait l’avenir ! Elle tut cette découverte pour éviter tout acharnement contre elle.
Néanmoins, un jour, sur les bons conseils de la puce, elle se mit à partager ces prédictions : de terribles malheurs allaient s’abattre sur le seigneur et sur sa demeure. Ces événements, en leur faveur, leur permettraient de reprendre du pouvoir sur leur vie et leurs terres. Bien sûr, au début, personne ne la prit au sérieux, puis d’étranges faits prédits se produisirent : attaques de sangliers sur la demeure du seigneur, vassaux foudroyés… On se mit à l’écouter attentivement, elle fut nommée stratège de la libération du village. Ces successions d’événements en leur faveur leur permit de récupérer leurs droits. Jeanne et sa puce furent grandement remerciées.
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