Correspondance entre Annie et I.

Dernières lettres dans le cadre du projet épistolaire et intergénérationnel.

Ce sont mille et une questions que se pose I. sur la vie d’une personne âgée. Annie choisit de lui répondre, impressionnée par sa maturité : « Sommes-nous vraiment différents, vous et moi ? », par ses projets d’études scientifiques et ses projets d’avenir professionnel : «Ce que je veux, c’est que les gens puissent se réjouir de mes conceptions, qu’elles soient révolutionnaires. Ces rêves sont mes échasses et je suis persuadé qu’elles m’emmèneront vers le haut, voire me propulseront ! »

================== Novembre 2020 

Bonjour Madame, Monsieur,

J’espère que vous allez bien.

Je suis un des élèves de la classe à projet théâtre du collège Henri Barbusse et je m’adresse à vous afin de vous questionner sur votre quotidien, votre mode de vie. En effet, notre projet nous amène à nous interroger sur la question de la vieillesse pour pouvoir incarner un personnage âgé sur scène et de comprendre le ressenti de la personne qui atteint un tel âge. Nous allons interpréter vos réponses en comportements afin de livrer une représentation de ce stade de l’existence. Sommes-nous vraiment différents, vous et moi ?

Laissez-moi tout d’abord me présenter. Je me nomme I., j’ai 13 ans et je vis à Bagneux. Je suis au collège Henri-Barbusse, plus précisément en 4ème E et je suis, comme vous pouvez le voir, un des élèves de Monsieur Servissolle de la classe à projet théâtre. 

Je vais maintenant vous posez les questions qui nous titillent, mes camarades et moi, au sujet de la vieillesse :

Tout d’abord comment vous appelez-vous ? Pourrais-je avoir quelques informations sur votre âge, votre lieu de naissance, lieu de vie ou votre endroit favori ? J’imagine que vous avez des enfants, un mari, de la famille et si je me trompe pourriez-vous me corriger ? Etes-vous grand-parent et si oui voyez-vous vos petits-enfants ? Pourriez-vous maintenant me donner votre expérience de vie, ce que ça vous fait d’être une personne âgée et me donner une image la plus précise possible ?

J’aimerais vous poser une question qui m’intéresse fortement : Qu’est-ce que ça vous fait d’avoir assisté à plusieurs événements historiques (Seconde Guerre Mondiale, premier téléphone, conception ou création du web, etc.) ? Dernier point, avez-vous des douleurs liées à votre âge comme la colonne vertébrale, le cou ou n’importe quelles parties de votre corps ? Avez-vous des difficultés respiratoires, intestinaux ou de cœur ?

Dernière question… Pourquoi les vieux qui n’ont rien à faire traversent-ils toujours aux feux rouges ?

Merci de votre participation à cet interview en ligne. J’espère que vous lirez ce texte avec joie et bonheur et dans de bonnes conditions. J’ai hâte de recevoir de vos nouvelles et votre réponse aux questions que je me pose. 

Cordialement,

I.

=============== Décembre 2020 

Bonjour I., 

J’espère ne pas te choquer en t’appelant par ton prénom et en me permettant de te tutoyer d’emblée ! J’estime important de faire quelques pas en avant pour réduire la distance entre nous – d’autant que je me décide à t’ouvrir la porte de mes souvenirs, de mes pensées, à te confier mon histoire. Et, puis, un peu de tendresse épistolaire n’a jamais fait de mal à personne ! 

Avant de répondre à tes très nombreuses interrogations, je tiens d’abord à te remercier vivement de tes mots qui m’ont beaucoup touchée. Il est si rare que je reçoive une « vraie » lettre ! D’habitude, ce sont des mails avec des messages assez brefs, des sms, des cartes postales !!

Alors, qui suis-je ? 

Une mamie (pas une mémé !!!), une baby boomeuse, prénommée Annie ! Je ne te dis pas expressément mon âge (je suis une femme !), à toi de le deviner ! 

J’ai un fils, une fille et trois petits-enfants. Toutes ces petites familles vivent aux Etats-Unis. Je suis donc seule, ici à Bagneux, puisque mes parents sont tous deux décédés, il y a quelques années. D’habitude, je vois mes enfants et petits-enfants « en vrai », deux à trois fois par an. Depuis la Covid, les choses ont bien changé. Je ne les vois que, via FaceTime ! Dix-huit mois que je n’ai vu ma fille et sa famille en vrai, un an pour mon fils ! Inutile de te préciser qu’il y a des jours où je suis plus triste que d’autres, surtout maintenant pour Noël ! Je vais me limiter aujourd’hui à ces quelques infos personnelles. On pourra y revenir si tu le souhaites !

Passons maintenant à tes questions ! Tout d’abord, mon ressenti face au progrès, aux évolutions techniques, aux événements historiques. Je suis née juste après la deuxième guerre mondiale, dans les années 50, je ne pourrai donc pas te parler de la guerre comme tu me le demandes, juste de l’après-guerre. 

Nous étions une famille modeste, vivant à la campagne. Ma mère a toujours cousu ou tricoté mes vêtements (jusqu’à mes dix-huit ans). Avec mon père, elle cultivait le jardin. Nous mangions les légumes et fruits de saison ou bien ceux conservés en confiture ou stérilisés. On ne jetait jamais de pain. Rassis, on le faisait griller sur une tôle en amiante (!). Il fallait bien doser le feu de la gazinière pour ne pas le brûler ! 

Dans les années 60, Maman a enfin pu acheter une machine à laver ET un réfrigérateur. Finie la corvée du linge au lavoir ou dans la lessiveuse. Finis les maigres stocks dans le garde-manger, une caisse en bois grillagée suspendue dehors, à la fenêtre. A ton âge, on a eu notre premier poste de télévision… en noir et blanc ! Avec une chaîne, puis deux. Et, notre première voiture, une Simca P 60 bleu clair avec des pneus flancs blancs. Ces mêmes années, je me souviens d’un autre progrès, beaucoup moins positif : l’arrivée des matières plastiques qui remplacèrent très rapidement, le papier, le carton, l’aluminium, etc. Il y a quelque temps, j’ai écrit un mini-récit là-dessus que je pourrai te passer, si cela t’intéresse. 

Pour ce qui est des événements historiques qui m’ont marquée, il y a eu le passage des anciens francs, aux nouveaux francs, puis à l’euro ; l’assassinat de J. F. Kennedy ;  le premier homme sur la Lune ; les événements de mai 1968 ; la construction du mur de Berlin, puis trente ans plus tard, sa chute et la réunification de l’Allemagne – dates / période particulièrement importantes pour moi qui habitais alors en Allemagne. Tous les combats de société menés pour les libertés des femmes m’ont également marqué : pilule, avortement, divorce par consentement mutuel, etc. ou droit de travailler ou d’ouvrir un compte bancaire ! En 1945, ma mère avait dû à son mariage avec mon père (militaire) démissionner de l’Education nationale où elle était institutrice. Ce n’est que dans les années 70, que cette interdiction fut vraiment levée dans l’Armée. Ma mère a beaucoup souffert de ne pas avoir le droit de travailler, je l’ai entendu ressasser cela toute sa vie si bien que moi, j’ai travaillé de mes 22 à mes 62 ans !

Tu me parles du téléphone… Petite, nous allions à la Poste pour téléphoner à mes grands-parents. Il nous arrivait d’y passer l’après-midi à attendre que l’opératrice « ait la ligne ». Autant te dire, que j’ai été plus qu’enthousiaste quand nous avons eu un téléphone à la maison avec un cadran rotatif ! Les numéros de téléphone à Paris et sa banlieue commençaient par trois lettres (un nom de lieu ou de personne) suivies de deux nombres de deux chiffres. Par exemple ODE (pour Odéon), WAG ( pour Wagram) ou EUR (pour Europe).

Plus tard, les téléphones à touches, puis avec répondeur sont arrivés ! La modernité ! Quant aux portables et à l’internet, je pourrai t’en parler pendant des heures. Bref, au sein de mon entreprise, je me portais immédiatement volontaire pour suivre des stages de formation sur les « autoroutes de l’information » comme on disait dans les années 90, pas question pour moi de rater cette (r)évolution ! Ma curiosité était piquée par cette nouvelle invention encore si mystérieuse, je me sentais une âme d’exploratrice ! Aujourd’hui, j’apprends toute seule car les logiciels, les applis sont devenus très intuitifs. Je suis donc une mamie 2.0, ravie d’utiliser au quotidien internet et certains réseaux sociaux comme Facebook, twitter, TikTok, clubhouse, instagram où je gère plusieurs comptes (dédiés à la photographie d’architecture ou à l’écriture). J’administre aussi le site internet de l’association A Mots croisés (gestion du back office) et anime la présence sur les réseaux.

L’une de tes dernières questions concerne ma santé. Jusqu’au printemps dernier, j’allais bien, je voyageais, je bougeais, etc. même s’il est clair que je ne suis plus une jeunette ! Je ne me risque plus en patins à glace ou en trottinette ! En mars dernier, une petite bête, appelée Covid, est entrée sournoisement dans mes poumons. Le combat fut rude. Ce fut une épreuve physique et psychologique, dont il me reste quelques séquelles respiratoires qui m’obligent à vivre au ralenti. Je me soigne en gardant espoir de retrouver une certaine forme physique, en étant humble et réaliste : je ne monterai pas demain, ni après-demain, à l’Everest et ne m’inscrirai pas au prochain Marathon de Paris ! 

Ta toute dernière question est : « Pourquoi les vieux traversent-ils au feu rouge ? » En fait, je te retournerai bien la question : « Qu’entends-tu par… vieux ? »

Pour moi, il y a des jeunes qui sont vieux à 30 ou 40 ans et des vieux, encore jeunes à 60 ou 70 ans ! Dans le monde de l’entreprise, les plus de 45 ans sont déjà des seniors ! Je pense qu’il faut différencier l’âge réel (celui de l’état civil), l’âge social (celui qu’on nous donne) et l’âge ressenti (celui qu’on a l’impression d’avoir). L’apparition de marqueurs du temps comme des rides ou des cheveux blancs ne signifie pas pour autant être vieux, ce sont juste des indicateurs que l’on est moins jeune qu’avant. 

Personnellement, je m’identifie assez bien au terme de « senior ». Voilà six ans que je suis à la retraite. Cette deuxième partie de vie est un renouveau qui m’apporte beaucoup de bonheur. Je m’y abandonne avec délectation. Je la vis pleinement et passionnément. Trop heureuse d’être enfin maîtresse de mon temps !  C’est pour moi un luxe auquel je n’ai pas goûté pendant mes 40 ans de vie d’adulte, chronométrés, rythmés par les impératifs familiaux et professionnels. Autres luxes, sources de bonheur… Premièrement, je peux choisir les personnes qui m’entourent, qui me font du bien et donc, écarter celles qui sont nocives. Et, secundo, la cerise sur le gâteau (!), je peux choisir mes occupations et elles sont nombreuses ! Je vieillis donc dans des conditions optimales, je suis sereine, épanouie, légère… PLUS RIEN à prouver ! 

Quand je parle de la vieillesse, de ma toute dernière tranche de vie avec les prémices de la mort, je l’imagine aussi brève que possible. J’ai rédigé mes   « Directives anticipées » ! Aucune envie d’être un « légume » ! Aucune envie d’imaginer faire souffrir mes enfants devant la dégradation de mon état ! Il est important pour moi qu’ils gardent des images plus positives de leur mère. Tu vois, je me considère comme une vieille « en devenir ». Le jour où je perdrai toute motricité ou autonomie, le jour où je ne ferai plus de projets, où je ne m’inventerai plus de nouveaux rêves, où je ne comprendrai plus le monde, la technique qui m’entoure, où j’aurai perdu toute combativité, où je n’aurai d’énergie que pour attendre la mort venir, là, oui, je serai une personne âgée, une petite vieille, disons-le franchement ! 

Me voilà donc, vieillissante certes, mais encore assez dynamique. Je suis consciente que le temps qui me reste à vivre est compté. J’en profite notamment pour voyager aux quatre coins du monde, rencontrer et passer du temps avec ma famille, mes amis ou des amis photographes Instagrammers. 

Il y a des endroits que je savoure d’autant que je sais que j’y retournerai jamais plus. L’an dernier, par exemple, j’étais en Tasmanie. LE rêve de ma vie ! J’ai versé une larme sur la plage de Adventure Bay où le capitaine Cook a débarqué, en 1777. Je ne peux m’empêcher de partager avec toi quelques photos et vidéos de ce lieu merveilleux car désert et ordinaire, aux antipodes de Bagneux, à plus de 17.000 kilomètres d’ici ! Ce lieu, j’en avais rêvé pendant plus de cinquante ans. Je le « connaissais » depuis mes douze ans, depuis la lecture des « Aventures du Capitaine Cook ». Ce livre que j’avais reçu à la distribution des prix – alors que j’étais en 5e – m’a fascinée et durablement inspirée. La vie de cet explorateur britannique a influencé la mienne. Comme lui, je voulais toujours oser de nouvelles aventures, je voulais aller toujours plus loin, aller à la rencontre de l’inconnu, faire face aux difficultés, les surmonter, rester pleine d’espoir, rester positive. 

Certains de mes rêves d’adolescente se sont réalisés, d’autres non. A l’époque, on ne parlait pas de bucket list, pourtant j’en avais bien une : Devenir danseuse, artiste peintre ou photographe. Ces rêves ont été éphémères. Mes parents y ont coupé court en me disant « Artistes, des métiers de crève-la-faim ! Tu seras fonctionnaire ! » Ils avaient tracé MA voie. Ces hobbies sont devenus des loisirs passion. 

A la puberté, je rêvais du Prince Charmant ! Ce fut un mauvais rêve … Je rêvais d’avoir deux enfants, j’avais même choisi à douze ans le prénom de mon futur garçon ! Rêve réalisé ! A ton âge, je rêvais de parler plusieurs langues, l’anglais, l’allemand, le russe… et de vivre ailleurs que dans l’Hexagone, de parcourir le monde ! Rêves réalisés aussi.  Au fil des années, certains de mes rêves ont évolué pour de multiples raisons : première expérience décevante, voire négative, irréalistes financièrement, inaccessibles physiquement, etc. 

Aujourd’hui, je suis arrivée à un moment de vie où je n’ai pratiquement plus de rêves car d’une part, j’ai eu la chance d’en réaliser beaucoup et que, d’autre part, mes attentes sont devenues modestes, raisonnables. Les seuls rêves que je ne réaliserai sûrement plus, seront celui de partir alphabétiser des enfants dans un village du bout du monde et celui de voir les statues de l’île de Pâques ainsi que la banquise du pôle sud. En effet, cette année, avec l’épreuve de la pandémie et de ma maladie, mes rêves se sont figés, ils sont sur « Pause ». Le seul et unique rêve qui me hante jour après jour et que je veux réaliser à tout prix, et le plus vite possible, c’est revoir mes enfants et mes petits-enfants, les embrasser, les serrer dans mes bras. Ce n’est qu’après que je reprendrai mes « anciens » rêves et en ferai de nouveaux !!!  À l’heure actuelle, j’ai de plus en plus soif de recouvrer ma liberté ! Ma liberté d’aller et venir, d’aller comme je veux-où je veux-quand je veux-avec qui je veux-aussi longtemps que je veux !

Revenons à ta question « Pourquoi les vieux traversent-ils au feu rouge ? » car je me suis égarée dans mes rêves … Eh bien, moi qui ne suis donc pas encore tout à fait « vieille », bien sûr que je traverse au feu rouge ! J’en suis fière ! Cela me fait tant plaisir ! Pendant trente ans, je n’ai pas pu le faire ! Pourquoi ? Parce que j’habitais en Allemagne et que là-bas, on ne plaisante pas avec les feux rouges. Ils sont là pour être respectés par tout le monde, piétons et automobilistes ! En tant que piéton-adulte, on est là pour montrer l’exemple à nos chers enfants ou à des enfants susceptibles de vous voir commettre pareille ignominie ! Autant te dire que, je porte une sacrée frustration et que, depuis mon retour, en France, je me régale de traverser au feu rouge et m’en régalerai aussi longtemps que mes jambes pourront courir !

J’espère ne pas t’avoir ennuyé et avoir répondu un peu à tes interrogations. 

A mon tour, de te demander : « Quels sont tes rêves ? Es-tu inspiré par une personne comme je l’étais à ton âge par James Cook ? Comment te vois-tu dans cinquante ou soixante ans ? »

En attendant le plaisir de te lire et peut-être de te rencontrer, je te souhaite de belles fêtes de fin d’année !

Bises de loin !

Annie

================== Janvier 2021

Bonjour Annie,

J’ai lu votre lettre de réponse et je l’ai lue avec toutes les émotions ayant un lien avec le mot Incroyable. Tout ce que vous avez vécu est incroyable. A votre place, j’aurais écrit un livre tellement c’était passionnant.

 Je vais vous raconter quelque chose : Mon grand-père est mort il y a bientôt trois ans et je regrette de ne pas avoir profité de lui. Je ne cesse aussi de me dire que je n’ai pas ressenti et que je ne ressentirai jamais ce que lui a ressenti (oui, ça fait beaucoup de ressentis !). Je veux en venir au fait que j’aurais sans doute dû lui demander ce qu’il a vécu et comment il l’a vécu. Je suis né en 2008, donc les moments historiques que j’ai vécus sont l’arrivée de la PS4, de la Xbox One, l’élection de Trump, les gilets jaunes ou encore la prise du Capitole qui s’est passée il y a trois jours. Quand je suis avec mes parents ou ma grand-mère et que je leur demande quelque chose, il arrive qu’ils me disent : « A mon époque on avait ci, on avait ça ». Ma première voiture (enfin, celle de mes parents) était une Peugeot 206 grise (quant à votre mini récit, j’y suis totalement ouvert). Sachez qu’au moment où j’écris cette réponse, je n’arrive pas à écrire quelque chose car, vous me comprendrez, je n’ai pas beaucoup de choses à raconter. Je vais maintenant répondre à votre question « Qu’entends-je par… vieux ? » J’entends par vieux tout le contraire de vous : une personne qui n’a plus de rêves, qui ne peut plus faire ce qu’elle veut à part attendre la mort …

Je vais revenir à vos informations personnelles. Je suis désolé que vous ne puissiez plus voir vos enfants et petits-enfants. Avec les conditions sanitaires, le monde ne nous est plus ouvert, se ferme, ne laissant qu’une petite parcelle qu’est notre pays actuel. Concernant votre âge, j’ai réussi à le deviner : Vous aviez dit que vous aviez travaillé de 22 ans à 62 ans et vous aviez dit que vous aviez pris la retraite il y a 6 ans, j’en déduis donc que vous avez 68 ans. Sachez que moi aussi j’ai des rêves aussi fous que les vôtres. Vous m’aviez parlé du prince charmant, eh bien moi aussi j’en rêve, d’une princesse charmante, mais encore une fois ce ne sont que des rêves. Je pense aussi à mes possibles futurs enfants. Concernant le métier, je m’oriente plutôt vers des études scientifiques et technologiques. Laissez-moi vous expliquer : ce que je veux c’est que les gens puissent se réjouir de mes conceptions, qu’elles soient révolutionnaires. Ces rêves sont mes échasses et je suis persuadé qu’elles m’emmèneront vers le haut, voire me propulseront !

Je vais maintenant répondre à vos questions.

Je vous ai dit quels sont mes rêves, je suis inspiré par plusieurs personnes : Malcolm X, Eren Jaeger (manga), RK (car oui j’ai des rêves concernant la musique) et Tanjiro Kamado (encore un manga). D’ailleurs, en parlant de manga, savez-vous qu’un personnage de manga porte votre nom (Annie Leonhart, si vous voulez rechercher), plusieurs personnes me l’ont fait remarquer !

Je me vois comme une personne dynamique et … en fait, tout comme vous ! Vous m’avez été une inspiration quant à ça.

Je suis désolé si je n’ai pas eu tant de choses à dire comme vous, je n’ai pas vécu assez longtemps pour le faire. En espérant vous avoir régalée !

Bonne Année, bonne Santé et longue vie vous soit donnée !

I.

================= Février 2021

Bonjour I.,

Ta lettre m’a vraiment touchée par sa sincérité et sa spontanéité ! Elle est hyper chaleureuse ! J’ai bien ri quand tu me dis d’écrire un livre et surtout quand tu m’annonces mon âge ! Tes calculs sont tout à fait exacts !

Si en lisant ma lettre, tu regrettes de ne pas avoir parlé davantage avec ton grand-père de son histoire de vie, c’est sûrement parce que tu étais plus jeune. Sois indulgent avec toi-même. Tu avais certainement d’autres envies à neuf-dix ans quand tu passais ton temps auprès de lui. Profite maintenant bien de ta grand-mère ! Elle pourra certainement te raconter des souvenirs passionnants.

Au fait de souvenirs, je t’envoie, à la suite de ma lettre, le récit que j’avais évoqué et que tu m’as demandé. Je l’avais rédigé, lors d’un atelier d’écriture, où la consigne était de choisir un moment d’été qui nous avait marqués ! Tu sauras tout de mon été 1958 (ou presque) comme toute la planète !
https://amotscroises.fr/2020/08/12/piegee-lete-de-mes-six-ans/

Tu as bien raison quand on se fait vieux, on a tellement de vécu que l’on a une foule de choses à raconter ! Pourtant, à ton âge, tu as déjà été témoin – comme tu le dis si bien – de temps forts dont tu te souviendras longtemps : ta première playstation, l’évolution de tes choix musicaux et de tes lectures. Oui, j’ai découvert depuis peu Annie Leonhart grâce à mes followers de twitter – accros de science-fiction, fantastique, mangas, etc. Mais les mangas est un monde que je ne connais pas du tout. Il me faudra regarder cela une prochaine fois à la médiathèque ! 

A douze ans, tu as aussi déjà été témoin de moments historiques qui, à coup sûr, vont entrer dans l’Histoire avec un grand H et un jour, dans les livres d’histoire ! Aussi bien le mouvement des Gilets Jaunes, le mandat de Trump que l’invasion du Capitole. Perso, j’ajouterai bien la nomination de Kamala Harris, la première femme à occuper le poste de vice-présidente des Etats-Unis et en plus, la première afro- et asio-américaine. J’espère que cela présage d’un avenir prometteur pour ce pays et pourquoi pas, un jour, soyons folle… le nôtre ? Je rêve…

C’est important d’avoir des rêves. Je suis heureuse d’apprendre que tu te projettes dans l’avenir avec une petite famille et que Malcom X soit l’une des personnes qui t’inspire. J’ai beaucoup aimé l’image que tu as utilisée : « Ces rêves sont mes échasses et je suis persuadé qu’elles m’emmèneront vers le haut, voire me propulseront ! » Je ne suis pas voyante, mais j’ai comme l’impression que tu iras loin, au vu de la maturité de tes raisonnements. Tu me scotches quand tu me dis : «Ce que je veux c’est que les gens puissent se réjouir de mes conceptions, qu’elles soient révolutionnaires. »  Qui sait… ? Peut-être que, dans un peu plus de dix ans, tu auras abouti ! J’entendrai alors parler de toi et de ton invention ! Ce serait trop top !

Pour finir, je voulais te dire que j’ai été ravie de te lire. Tu m’as donné une très belle image d’un adolescent d’aujourd’hui. Je suis confiante en ton avenir et dans celui de la jeunesse de demain. J’espère que la suite du projet nous permettra de nous rencontrer un jour et de poursuivre notre discussion, si tu le souhaites aussi bien sûr ! En tous cas, sache que j’en serai ravie !

En attendant, je te souhaite bon courage dans tes études ! Profite bien de ta jeunesse et de tes proches !

Grosses bises

Annie

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