Entretien avec Marie-Lise Fayet et Louise Jacquet du Théâtre Victor-Hugo

Pour clore notre série d’entretiens, nous donnons la parole au Théâtre Victor-Hugo, initiateur du projet. C’est Marie-Lise Fayet, directrice du TVH qui répond à notre première question :

Comment choisissez-vous la programmation de l’année ? Pourquoi avoir retenu « Pourquoi les vieux, qui n’ont rien à faire, traversent-ils au feu rouge ? » 

Le Théâtre Victor-Hugo a une programmation pluridisciplinaire et c’est avant tout cette pluridisciplinarité qui guide la programmation du Théâtre. 

Une programmation, c’est un équilibre à trouver entre les différents domaines artistiques; entre des principes culturels à mettre en œuvre; entre des degrés de notoriété artistique.

Pour les principes culturels, nous avons trois axes forts de programmation : la place des femmes dans le monde artistique, l’enfance et la jeunesse et la promotion des arts du geste. Cela implique d’être plus attentive à la découverte de talents féminins, de pépites pour le jeune public ou encore à défendre des jeunes compagnies des arts du geste. A travers les différents domaines artistiques, nous offrons un spectre très diversifié de ce qui se « joue ». 

Il est également primordial de tenir compte des orientations artistiques des autres théâtres du territoire. Notre programmation est le reflet de ces principes artistiques et culturels. Tous les ans, la programmation prend en compte ces principes et tente de trouver un équilibre entre tout ça. Il ne faut pas oublier également que nous devons prendre en compte nos contraintes budgétaires et techniques pour accueillir les spectacles. 

Nous avons fait le choix de soutenir le Collectif 2222 à travers le spectacle « Pourquoi les vieux qui n’ont rien à faire, traversent-ils au feu rouge ? » après avoir vu une sortie de résidence (un extrait du spectacle en création, pas encore finalisé) très prometteuse dans un domaine défendu par le TVH (geste/burlesque). C’est une jeune compagnie que nous avions déjà accueilli pour leur première création « Traverser la rivière sous la pluie ». 

Nous avons posé nos autres questions à Louise Jacquet, chargée des relations publiques et de la communication au Théâtre Victor-Hugo.

Vous avez été à l’initiative de la coopération avec « À Mots croisés » pour ce projet, pourquoi ce choix ? 

Nous avions déjà eu l’occasion de travailler avec « A mots croisés » sur La Nuit du Geste, un événement nocturne dédié aux arts du mime et du geste, célébré au TVH. Cette collaboration avait été enrichissante, avec une grande envie de la part des participants de s’investir sur des projets spectacle vivant et surtout autour de propositions sur le corps. A la suite de ce premier partenariat, à cause de la crise sanitaire, il a été plus compliqué de pouvoir poursuivre un travail en commun. Au départ, l’idée était de pouvoir créer des ponts, des résonances entre les mots et les arts du geste, qui racontent une histoire avant tout avec le corps. En parallèle, au Théâtre Victor-Hugo, nous étions en train de monter des actions culturelles avec le Collectif 2222 autour de leur spectacle sur la vieillesse et la relation inter-générationnelle, le souvenir, la mémoire, ce qui nous reste de l’enfance quand le temps passe. Dans ce projet, à travers des échanges épistolaires, nous voulions croiser le regard de jeunes, les collégiens de la classe théâtre du Collège Henri-Barbusse et de personnes plus âgées, ayant déjà fait un bon bout de vie. C’est assez naturellement que nous nous sommes tournés vers l’association « A mots croisés ».

Quel est l’intérêt selon vous de faire se rencontrer différentes formes artistiques, comme le théâtre et l’écriture ?

Au Théâtre Victor-Hugo, nous encourageons la porosité entre les pratiques artistiques, qu’ elles soient amateurs ou professionnelles. 

A l’image de notre programmation pluridisciplinaire, nous favorisons la création de projets hybrides mobilisant du théâtre, du geste, de la marionnette, du théâtre d’objet et aussi l’écriture… Cela permet de rendre compte des richesses esthétiques propres au Théâtre Victor-Hugo. Dans ce projet, il était intéressant de partir de l’écriture pour faire naître une intimité entre un adolescent et une des personnes de l’association. L’écriture a très certainement permis de casser certaines barrières, à apporter sûrement plus de sincérité dans les échanges. Dans la rencontre entre ces deux esthétiques, il est intéressant de voir comment toute cette matière écrite va être incarnée, transformée en jeu théâtrale. Comment passe-t-on des mots au jeu ? C’est aussi ce processus qui est très enrichissant à expérimenter.  

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