« Réveil »

Dans son récit, Anne imagine une attente insoutenable. L’atmosphère terrifiante va sûrement vous attraper les tripes. On vous souhaite toute de même… Bonne lecture !

« Réveil »

Elle entendit la porte d’entrée claquer comme un coup de fouet. Elle sortit brusquement de sa léthargie, état post-insomnie qu’elle connaissait bien. Il faisait noir. Quelle heure pouvait-il bien être ? Depuis combien de temps était-elle là allongée à même le sol, enfermée dans cette pièce humide et obscure ? La torpeur anesthésiante s’évanouissant, elle ressentit le froid lui griffer le corps et une douleur vive aux poignets. Il l’avait attachée ! Dans sa bouche, un goût de sang et de larmes.

Il n’y avait plus de bruit au-dessus. Etait-il vraiment parti ou était ce un stratagème pour une énième torture. Elle ne souvenait plus très bien mais qu’importe, elle devait fuir malgré les cordes enserrant ses chevilles. Elle se mit à ramper vers un faible filet de lumière : mirage ou boussole ? sur le sol, des clous ou objets métalliques lui déchiraient ce qui lui restaient de vêtement.

Elle devait ravaler sa douleur et sa rage. Une bête lui frôla le visage.

Prendre encore sur elle. Ne pas craquer malgré son envie d’hurler. Le silence était désormais sa survie. Elle arriva à mouvoir son corps endolori et meurtri sur ce sol qu’elle devinait suintant de crasse et de souillures. Soudain, elle sentit un imperceptible filet d’air lui effleurer la peau. La porte ne devait plus être loin. Pourvu que ce soit vrai. Toujours aucun bruit. Pourvu qu’il soit parti et qu’il ne l’attende pas derrière la porte. Lui revint en mémoire des bribes de la nuit passée. Des cris de fureur, des gifles et des bris de glace. Sa tête propulsée vers le miroir. Le sang qui coule le long de son front et goutte sur le carrelage.

L’horreur de la veille commença à envahir ses pensées, elle essaya de se concentrer sur ces secondes qui la rapprochaient de la sortie. Cela serait bientôt fini ! Mais elle crut entendre le cliquetis des clefs entre elles.

Non, ce n’était pas possible, il n’était pas revenu ! Quitte à en finir, elle se prépara à asséner, avec ses jambes recroquevillées, un coup à la porte. Avant même l’assaut final, une lumière l’aveugla.

Il était là dans l’embrasure de la porte : « Mon amour, j’ai été à la boulangerie. Je t’ai ramené des croissants. »

C’est un cauchemar.

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