Le premier mai, pour certains, est une journée de lutte, rythmée par les pas et les voix qui s’élèvent dans les rues. Une journée dédiée aux Travailleurs et Travailleuses, une journée de lutte pour leurs droits.
Pour d’autres, c’est un matin calme, parfumé de muguet porte-bonheur du printemps.
Et, pour vous ? Dites-nous tout ou presque en commentaire ! Racontez-nous un « Premier Mai », pas comme les autres ! Un souvenir ou une fiction ! À l’instar de Georges Perec, votre incipit (première phrase) pourrait être « Je me souviens… »
Bonne écriture !
Je me souviens d’un premier mai où alors rien mais absolument rien n’était ouvert, même le téléviseur affichait un écran noir. La pluie avait remplacé le soleil et l’ennui était terrible. Je traînais dans la cité à la recherche d’une occupation quand le bruit d’une détonation mit mes sens en éveil.
Un inconnu, probablement lui aussi en recherche d’une activité, avait tiré sur un pigeon. Le malheureux volatile gisait au sol, son côté droit ensanglanté. Je le ramassais avec précaution, bien que ne sachant que faire. Impossible de trouver de l’aide en ce jour où tout semble à l’arrêt. Je restais donc là, l’oiseau agonisant dans mes mains, attendant son dernier souffle tandis que la pluie se mêlait à mes larmes. Un dernier soupir et puis plus rien, je le reposais sur la pelouse et maudissais la nature humaine qui venait de tuer, juste pour s’occuper, un animal qui ne faisait de mal à personne. Je rentrais le cœur lourd, prétextais un mal de ventre pour refuser le dîner familial et allais me coucher pour ne plus penser à ce jour funeste.
Depuis ce jour, chaque premier mai a désormais un goût amer. On peut trouver cela dérisoire mais comment oublier d’avoir eu la mort dans le creux de ses mains quand on n’a que dix ans.
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Un récit bien installé, rythmé qui nous emporte jusqu’au frisson. Merci, Carmen !
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PREMIER MAI
Dans le pays des Dieux naquit un beau petit Dieu
aussi délicat qu’un ange.
Premier d’une fratrie glorieuse,
il possédait toutes les qualités requises.
Mais… il refusait obstinément de se laver.
Même à l’occasion du bal annuel donné par Zeus dans l’Olympe.
On pouvait le suivre à la trace en fermant les yeux,
son fumet abject descendait
jusqu’aux profondeurs de l’océan.
Zeus lui-même en était incommodé.
Il fallait agir pour préserver l’unité de l’Olympe.
Un ultimatum lui fut adressé.
Le petit dieu refusa.
Alors Zeus le métamorphosa.
En muguet.
C’était le premier jour des calendes de mai.
Depuis lors,
sa senteur unique
subtile, fine, discrète,
aux notes boisées
ravit et accompagne, à jamais,
les hommes et les dieux.
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Merci, Philippe, pour ce voyage imprévu qui éclaircit… enfin… le mystère autour du parfum des fameuses clochettes du Premier Mai ! Bien joué !
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Grain de beauté brin de muguet
Tu ombrages ma peau, tu éclaires les sous-bois
Brin de beauté grain de muguet
Tu ravis mes yeux, nuage blanc ciel bleu
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Merci, Dominique, pour ce brin de poésie, ce grain de poésie !
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